Images choisies du Mustang

"C'est le séjour des dieux et depuis des milliers d'années, prêtres, moines et savants sont allés y mourir. Depuis des siècles, l'Himalaya a envoûté les hommes et ses cimes majestueuses cachent aujourd'hui encore bien des mystères.
Pendant six mois installés à Kathmandu, la capitale du Népal, j'avais vécu à l'ombre de l'Himalaya. Le printemps venu, les nuages s'entrouvraient au dessus de la ville pour révéler la masse étincelante de ce continent des neiges éternelles qui s'étend sur trois mille kilomètres à travers l'Asie. Sans cesse je contemplais par-dessus les pagodes de la ville cette barrière blanche.
Cependant mon regard ne s'arrêtait pas sur les grands sommets, mon esprit cherchait plus loin, j'étais à la poursuite d'un rêve, d'un rêve que des milliers d'autres hommes ont fait avant moi. Je rêvais d'un horizon perdu, certain qu'il existait là-bas, quelque part, un pays encore vierge, un monde inexploré."
Début du récit de voyage de Michel Peissel : Mustang, Royaume Tibétain Interdit (1964)





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06 octobre 2017 : Kathmandu




Bhaktapur : Durbar Square




Dans les rues de Bakhtapur : Sourires à la fenêtre




Kathmandu : Sadhu au temple de Pashupatinath


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08 octobre 2017 : Entre Beni et Chhussang



Vol rapide avec "Yéti Air " de Kathmandu à Pokhara.
C'est ensuite une longue remontée "chaotique" en 4*4 vers le nord.
Dès le premier jour, et ce n'est que le début, tout apparait immense ici. Les montagnes qui nous entourent avec le massif du Dhaulagiri (7° plus haut sommet au monde, à plus de 8100 m), la vallée de la rivière Kali Gandaki (affluent du Gange) que nous remonterons sur des kilomètres.
La route asphaltée laisse place, assez rapidement, à une piste où se croisent et se dépassent voitures, camions, bus, motos chinoises. Pour certains il y a les arrêts imprévus : changement de pneu, pannes, rupture de bielle pour un car qui bloquera la circulation dans les deux sens pendant une bonne heure, motos bloquées au milieu du gué des rivières traversées.
Au bout de 48 heures, après la traversée de plusieurs villages (Beni, Kagbeni, Marpha, Jamoson) et la validation du permis d'entrer au Mustang, c'est l'arrivée à Tangbe, point de départ du trek vers le Haut Mustang et la découverte des premiers chörtens.



La vallée de la Kali Gandaki : Au fond le village de Kagbeni.




Moines sur le toit du Monastère de Kagbeni




Monastère de Kagbeni : La Gompa




Monastère de Kagbeni : Jeunes moines




Monastère de Kagbeni : La Gompa




Monastère de Kagbeni




Village de Tangbe : Dans les champs




Village de Tangbe (3000m) : Forteresse en ruine




Village de Tangbe : Chorten et la vallée de la Kali Gandaki


Le chorten symbolise l'unité atteinte par les cinq étapes de la méditation :
- la base carrée représente la terre
- le dôme arrondi, l'eau
- la spirale conique, le feu
- le parasol, l'air
- l'épi en forme de graine, l'essence de l'esprit.


Découverte du plat traditionnel népalais le "Dal Bhat" : du riz aux lentilles accompagné d'un curry de légumes et d'une sauce épicée.
Puis, c'est le départ du trek avec la première montée sur un crête permettant de découvrir en contrebas, les villages de Tetang et de Chhusang entourés des cultures en terrasses et des "pénitents" rocheux. Tout en bas, la vallée de la Kali Gandaki. Au coucher du soleil, promenade dans les ruelles des deux villages.


Dans les ruelles de Tetang




Vue sur les villages de Tetang et de Chhusang et sur la vallée de la Kali Gandaki




Le village de Chhusang (2950m)


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09 octobre 2017 : De Chhussang à Samar


Nous quittons la vallée de la Kali Gandaki et prenons sur les hauteurs le chemin des écoliers.
La porte de l'école est entrouverte, mais ce matin pour nous, il y a un petit air
de vacances et ce sera plutôt "école buissonnière" ...
Nous traversons les villages de Chele puis Ghyakar. Les chemins creux sont bordés de murets et de champs aux couleurs vives. Il faudra 4h30 de marche pour rejoindre le village de Samar.



L'école à la montagne




Ghyakar : Dans les champs



"Descendant le long d'une pente douce, nous arrivâmes en vue d'un pauvre petit village aux maisons blanches, posé sur une plateforme au dessus de laquelle s'élevait une grande falaise rouge dominée par les ruines d'un château de contes de fée. C'était le village de Sa-mar, dont le nom signifie "terre rouge". Il y avait environ une dizaine de maisons groupées autour d'un bouquet de saules ... " Extrait de Mustang Interdit de Michel Peissel



La grande falaise rouge à Samar



La remontée vers la capitale Lo Manthang sera rythmée par les arrêts dans les guest-house : maisons traditionnelles reconverties en maison d'accueil pour les voyageurs.
De la rue, on entre par un petit vestibule qui donne rapidement dans une grande salle éclairée par un puits de lumière naturelle; au centre, une table, des chaises en bois peint pour les repas en groupe ou simplement lieu de passage, de rencontres.
Tout autour différentes portes donnent accès à la cuisine, à d'autres salles de restaurant, aux chambres du rez de chaussée.
Un escalier en bois, abrupte comme la montagne, grimpe vers les chambres du haut qui se distribuent le long d'une coursive.
Un dernier petit escalier, taillé dans un tronc d'arbre permet d'aller admirer les hauts sommets sur la terrasse.



L'arrivée à Samar




Salle de prières dans la guest-house de Samar


Tout est prêt pour la célébration des fêtes et des rites religieux... Elle servira, cette nuit là, de chambre à notre guide qui dans cette aventure sera donc un peu notre guide spirituel... C'est cela l'accueil népalais.



Le village de Samar : Toujours plus haut ...




Peupliers au soleil couchant


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10 octobre 2017 : De Samar à Ghilling



Grande journée de marche dans une succession de gorges et de canyons de toute beauté, avant de remonter un long escalier taillé dans la roche, jusqu'à Chungsi Cave. La grotte est cachée à flanc de montagne, entre des falaises de 200m de haut.
Il s'agit d'une grotte naturelle, où aurait vécu Padmasambhava (nom tibétain : Guru Rimpoché), grand saint de la religion boudhiste. Il y aurait médité pendant trois ans, trois mois et trois jours.
Nous sommes accueillis par des milliers de drapeaux de prières, tendus entre les deux versants de la montagne. L'intérieur de la grotte est ornée de stalactites, de chortens naturels et de reliefs spontanés, formés miraculeusement.
"Selon les croyances, lorsqu'un bas-relief est abîmé, l'image se reproduira spontanément."




La remontée vers Chungsi Cave (3440m)




La grotte naturelle de Chungsi Cave[




Vue de Syangmoche La (3850m)




Syangmoche La (3850m)



Les "Rigsum Gonpo" ou "Les trois (sum) sortes (ris) de protecteurs (gonpo)"
On les rencontre à l'entrée ou à la sortie de chaque village. C'est un groupe de trois petits autels peints de trois couleurs différentes : le rouge symbolise le dieu de la connaissance, le blanc personnifie la compassion et le bleu (parfois gris ou noir) un dieu très puissant qui combat les démons. Symboliquement, pour les villageois, ils les protègent des esprits malveillants issus du ciel, de la terre et du monde souterrain.



Les Rigsum Gompo à l'entrée de Ghilling



C'est la fin de la journée, cette femme est venue cherchée de l'eau à la fontaine.


Dans le village de Ghilling



Je me suis écarté du groupe, invité à entrer dans la cour d'une maison. La famille était occupée à remplir les sacs de crottin de dzos. Ce fut un moment de joie, de bonne humeur partagée : hommes et femmes demandaient à être photographiés.


Dans le village de Ghilling



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11 octobre 2017 : Entre Ghilling et Ghemi



Superbe journée d'approche du village de Ghemi, que nous abordons en longeant une crête. Les imposantes falaises rouges de Dakhmar sont à notre portée, mais encore à une journée de marche.
Cela laisse présager la toute beauté de la marche du lendemain où nous "plongerons" d'abord vers les eaux fraiches, d'un bleu si particulier de la Ghemi Khola, avant de remonter et de parcourir la crête des falaises rouges.



Les falaises de Dakhmar



Les champs multicolores du printemps népalais ont laissé place aux champs labourés d'octobre.

Les champs réticulés du Mustang



La tenue traditionnelle des paysannes du Mustang : camisole et robe longue grise ou noire, recouverte par un tablier tricolore de nuances de bleu, de rouge et de vert, tombant du dessous de la poitrine jusqu'aux cuisses et taillé en pointe à l'arrière. Le tout, maintenu par une ceinture du même tissu tricolore. Le panier d'osier sur le dos, chargé du futur "bois" de chauffage.


Dans les champs entre les murets de galets blancs



Promenade dans les rues du village de Ghemi. Dans les cours et jardins attenant aux maisons, les paysannes sont en pleine action pour mettre en sac la récolte des céréales qu'elles ont d'abord tamisées avec l'aide du vent pour éliminer feuilles, bois et sable (les mêmes gestes que les paysans tunisiens lors de la récolte des olives ...)


Dans le village de Ghemi



En milieu d'après-midi, après la descente vers le village de Ghemi, petite remontée "bien cassante" de 400m sur une crête très, très venteuse qui nous permet de découvrir le village de Dhakmar et ses falaises.



Le village de Dhakmar au pied des falaises rouges




Dans le village de Ghemi



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12 octobre 2017 : Entre Ghemi et Tsarang


Après avoir admiré le jour précédent, du versant opposé, les falaises de Dakhmar, on se dirige vers la crête. Il faut d'abord descendre vers la rivière Ghemi Khola puis remonter vers un plateau en terrasses, où se trouve les vestiges du village d'Akiama.


Les ruines du village d'Akiama



Toute la matinée nous longeons la crête en dominant la Ghemi Khola, le village de Dakhmar et les champs en espaliers.
C'est une succession de paysages époustouflants, le passage de chaque épaule montagneuse nous offre un point de vue et une perspective différents du précédent. En fin de matinée, nous aboutissons au "Chinggel La" (col) à 3880 m. C'est la "porte" qui nous donne accès à la large vallée (thalweg) descendant vers Tsarang, au Nord, l'ancienne capitale du Mustang.


Sur la crête des falaises de Dhakmar




Sur la crête des falaises de Dhakmar




Sur la crête des falaises de Dhakmar



Longue descente vers l'ancienne capitale du Mustang. Le paysage de la vallée a un peu changé depuis la description de Michel Peissel en 1964, mais l'aspect de la ville est restée identique...



"Tsarang ressemblait à une délicate miniature dans les tons de rouge et de vert, tachetée de blanc. Au-dessus d'une gorge profonde, sur une crête, s'élevait un grand château de cinq étages, de forme rectangulaire... Des petites maisons s'élevaient au milieu d'une sorte de tapis extraordinairement vert, qui remontait de la pente du lit d'un ancien glacier... Comme si le château ne suffisait pas à donner une idée de cette splendeur médiévale, la forme majestueuse d'un immense monastère, peint en rose et rouge brique, s'élevait à sa droite. Le bâtiment principal était peints de rayures verticales de couleurs gaies, rouges, blanches et bleu gris....
Récit de voyage de Michel Peissel : Mustang, Royaume Tibétain Interdit (1964)




Dans les ruelles de Tsarang : Moulin à prières




Tsarang : Inscriptions religieuses (mantra) sur une pierres gravée. A contourner par la gauche....




Tsarang : La petite fille au bonbon



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13 octobre 2017 : Entre Tsarang et Lo Manthang



Passage d'un col à 4300m, puis arrivée dans la matinée à Lo Gekar pour visiter la gompa datant du XIe siècle.
Chaque visite de gompa est ponctuée par l'attente d'un "gardien des clés", qui arrive souvent de nulle part ....
Malheureusement aucun éclairage efficace dans les gompas, les magnifiques peintures murales ne sont visibles que grâce aux frontales, et les photographes ne sont pas les bienvenus ....



L'entrée du monastère de Ghar Gompa



Puis descente vers la vallée et Lo Manthang qui s'étend aux pieds de la montagne blanche.


Le village de Marang et la vallée vers Lo Manthang



"Remontant une petite colline, j'atteignis un passage étroit entre deux falaises, une sorte de porte naturelle à travers laquelle se glissait la piste poussiéreuse. De là, je surplombais tout le Nord du Mustang et je pouvais voir très loin dans le Tibet. Et, tout à coup, au-dessous de moi, je vis Lo Manthang ! ce but avait été si inaccessible, et j'avais été si peu certain d'y arriver jamais ! ... D'abord, je n'en crus pas mes yeux et ressentis les impressions des voyageurs incrédules du Moyen Age apercevant Rome pour la première fois (...). Il me semblait, que moi aussi, je vivais une légende, une légende vieille comme le temps (....) : la légende d'une cité oubliée, d'une forteresse cachée dans les replis de l'Himalaya, un paradis perdu, un pays où des hommes éternels prospèrent au-delà des frontières de notre monde si peu romanesque. Un endroit où le le temps demeure supendu au-dessus d'un univers secret et fermé."

Récit de voyage de Michel Peissel : Mustang, Royaume Tibétain Interdit (1964)




La plaine de la prière et Lo Manthang




Sur les toits de Lo Manthang, sur le dos de maman...



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14 octobre 2017 : Au nord de Lo Manthang



La matinée est consacrée à la découverte de la région située au nord de Lo Manthang :
- Les vestiges de la Gompa du singe noir et de la forteresse du premier roi du Mustang Ame Pal, datant du XI° siècle, sur les hauteurs de la ville close.
- Les vallées qui entourent Lo Manthang : à l'ouest le village de Thinggar et à l'est celui de Barcha (destinations des jours suivants)

De la vallée, la vision de Lo Manthang a bien changé depuis la description de Michel Peissel en 1964. La ville close isolée par ses murailles n'est plus le seul ensemble immergé dans la plaine des prières. Maintenant, tout autour, d'autres maisons sont venues s'y ajouter.



La ville close de Lo Manthang



"Elle était devant moi la forteresse mythique d'une planète perdue. Là, dans un paysage lunaire pics arides aux contours déchiquetés, s'élevait sereine, majestueuse et imposante, la masse énorme d'une ville fortifiée, dont le bastion, parfaitement rectangulaire, abritait les maisons derrière un haut mur jalonné à intervalles réguliers d'arrogantes tours carrées. La cité ressemblait à un château fort géant."
Récit de voyage de Michel Peissel : Mustang, Royaume Tibétain Interdit (1964)




"Regard" dans les ruelles de Lo Manthang




Le Fort d'Ame Pal (le 1° roi du Mustang) sous les nuages sombres du matin


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Après-midi : Visite des différents lieux de culte, avec toujours la même problématique : "Mais qui a donc les clés ?" avec pour corollaire : Apprendre à prendre le temps ... R
Rencontres des Lobas (habitants du Mustang) dans les ruelles avec échange de sourires, de paroles de bienvenue "Namasté" ("bonjour" ou "Bonsoir")



Moinillon : "L'arroseur arrosé"




Sur les terrasses des maisons : La gompa de Lo Manthang




Confidences dans les rues de Lo Manthang




Dans la cour d'une gompa




Dans les ruelles de Lo Manthang


Par contre, à l'intérieur de la ville close, le temps s'est arrêté, rien ne semble avoir changé depuis 1964 : les ruelles forment un véritable dédale où l'on se perd pour mieux se retrouver, les terrasses des maisons sont toujours limitées par des assemblages de branches d'arbres.

"Lo Manthang forme un grand rectangle de 300 mètres de long sur 150 mètres de large, dont on aurait coupé le coin nord-est, ce qui donne à la ville la forme d'un L très épais... Du fait du mur d'enceinte de Lo Mantang, presque chaque rue et chaque ruelle forment un cul-de sac. Les ruelles tournaient et serpentaient autour des maisons collées les unes aux autres. Des passages disparaissaient sous les maisons, dans d'étroits tunnels sombres et qui comportaient même des tournants avant d'émerger à la lumière du jour. En sortant, je ne savais plus où j'étais....
On aurait pu faire le tour de Lo Manthang en passant de toit en toit s'il n'y avait pas eu les barrières de brindilles formant comme de petits murs autour des terrasses des maisons.
"Récit de voyage de Michel Peissel : Mustang, Royaume Tibétain Interdit (1964)


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15 octobre 2017 : Au nord de Lo Manthang-Thingar-Phuwa




La vallée de la Kyungchhama Khola



Journée consacrée à l'exploration des vallées au Nord de Lo Manthang.
Nous traversons d'anciens forts en ruines qui gardaient les accès au Nord de la capitale, le village de Thingar, ancienne résidence d'été du roi du Mustang puis celui de Phuwa.
Sur les chemins et dans les villages, nous croisons de rares habitants. Atmosphère bucolique : travaux agricoles dans les champs, lavage de linge dans les ruisseaux, marche de plusieurs heures vers Lo Manthang ...



La préparation du thé


Arrêt au village de Phuwa et découverte d'un intérieur loba. Nous nous installons dans la pièce principale et assistons à la préparation du thé. Après ébullition de l'eau, celle-ci est versée sur le thé dans un grand cylindre en bois, puis mélangée à du beurre de yack et au sel à l'aide d'un piston qui se trouve dans le cylindre.
Dégustation du thé accompagné de farine d'orge grillé : la tsampa.



La vallée de la Kyungchhama Khola et les Anapurnas




Dans les rues de Lo Manthang : Prières


Ici, ce sont les tags et inscriptions sur les murs qui font office de panneaux électoraux. Les messages sont simples et appellent à voter pour Tree (Parti écologique ?) ou pour Calculator.



De retour à Lo Manthang - En arrière plan, la montagne blanche, La Sakau Danda




Lo Manthang : Restaurateur de peintures anciennes


Les peintures qui recouvrent les murs des gompas datent du XV° siècle et sont le plus souvent en voie de dégradation.
Depuis 1999, Luigi Fieni assure la formation de peintres paysans, qui permet la restauration des peintures murales. Les campagnes de restauration se déroulent au gré de versements de fonds ou de dons... En dehors de ces périodes, certains peintres ont ouvert boutique et vendent leurs oeuvres ...


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16 octobre 2017 : Lo manthang (3840m) - Bharcha - Könchok Ling (3860m)



Ce fut une journée assez incroyable, considérée comme l'une des plus belles randonnées du Mustang (Trek Magazine) !!
Dans la matinée, remontée de la vallée de la Nhichung Khola jusqu'au village de Bharcha, avec des eaux toujours d'un bleu si particulier. Première nuit sous la tente, avec la guesthouse toute proche. Les quinze jours suivants se feront en autonomie totale accompagnés bien sûr des guides, des porteurs, des cuisiniers, des muletiers, soit 21 personnes et 7 mules...



Rencontre sur les chemins ...




Signe d'accueil bienveillant




Le village de Barcha



Puis c'est la montée vers un univers totalement minéral. Des roches, des roches toujours des roches, d'une richesse de couleurs et de formes à couper le souffle.
Tous derrière et "elle" devant ... guidés par la gardienne des clés, nous cheminons vers une grotte datant du XIII° siècle, redécouverte en 2007.
Le parcours est aérien, avec des descentes, des montées, des contournements de pics rocheux pour arriver à un monastère en ruines Trakpuk Könchokling ou "la grotte de l'île au joyau".
Puis il faut de nouveau remonter et longer une crête vertigineuse. La grotte encore invisible, se trouve là sous nos pieds, une dizaine de mètres plus bas. Pour y accéder, il faut redescendre un sentier très raide avec l'aide d'un fil de fer fixé à la paroi.



Le long chemin qui mène au sanctuaire de Könchok Ling



Les peintures sont enfin là et s'étalent sous une voute rocheuse d'une quinzaine de mètres de longueur. Elles sont superbes mais dégradées, non pas par les conditions climatiques difficiles mais surtout par des graffitis ou des arrachements minimes de la paroi (notamment au niveau des yeux des personnages).



Les peintures exceptionnelles de Könchok Ling



C'est une grotte probablement de méditation, recouverte de peintures murales boudhistes.
Les personnages sont les "Grands Accomplis" ou Mahasiddhas, personnages historiques ou légendaires indiens du VII°-IX° siècle qui pratiquaient l'ascèse et les techniques psychophysiologiques du yoga.
Chaque ascète est accompagné d'un assistant de plus petite taille faisant un geste d'offrande.



Un véritable délire rocheux



Installés sur la crête, les montagnes en dégradés d'ocre, de rouge, de noir et de gris se succèdent à l'infini, avec une vue à 360 degrés.



Marche et prières ...



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17 octobre 2017 - Le tour de la montagne blanche : Lo manthang (3840m) - Bharcha - Mustang Khola Camp (3600m)



A partir de cette journée et les 15 jours suivants, le trek se déroulera en autonomie. Cap à l'est vers la frontère chinoise ... A ne pas franchir...

La Sakau Danda ou montagne blanche se trouve en arrière plan et domine Lo Manthang à 4000 mètres d'altitude.
Après le passage au col de Samdzong La, on suit une crête avec un panorama à 360° sur la chaine des Annapurnas au sud, du Damodar Himmal au sud-ouest et du Mustang Himmal avec ses sommets à plus de 6000m.



Le col de Samdzong La (4055m) et ses drapeaux de prière.




Compagnons de marche sur la crête de la Sakau Danda





Lo Manthang réapparait à l'ouest



Ensuite, descente vers la Mustang Khola et ses sources d'eau chaude. Rencontre avec un troupeau de yacks. A quelques pas, sur la rive opposée, la falaise est creusée de multiples grottes. C'est le site Mardzong où a été découvert en 2008, un ensemble de textes bön et bouddhistes du XIV° et XV° siècle
Après le repas, descente de la rivière, premières traversées dans des eaux qui n'apparaissent pas si froides que cela... Les canyons de la Mustang Khola se font de plus en plus hauts et étroits.



Sources d'eau chaude de la Mustang Khola




Site de Mardzong : Cité troglodyte abandonnée



Après installation du camp à la croisée des deux rivières, "petite remontée" sur les sommets pour découvrir un petit troupeau de blue sheeps (thars) qui vont redescendre toute la montagne pour rejoindre le fond de la vallée puis remonter sur l'autre versant en quelques minutes !



Vue sur la Chaka Khola



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18 octobre 2017 : Mustang Khola Camp (3600m) - Salde Camp (3920m)



Journée "les pieds dans l'eau" en remontant la Chaka Khola, avec nombreux passages dans une eau glacée, mais finalement pas tant que cela ... on s'habitue vite !
Les rives abruptes sont parcourues par des drapés de stalactites qui tombent de plusieurs mètres, la nature est en pleine création artistique.
Quelques méandres plus loin c'est le lit de la rivière qui s'irise. Le sol est riche en métaux, surtout en fer. Les roches et les eaux se colorent en dégradés de vert, d'orange, de gris, d'ocre, de noir et de blanc ....



Somptueux drapés minéraux




Eau et roches : Jeux de couleurs



Eau et roches : Jeux de couleurs



Puis c'est la rencontre avec deux bergers et leur troupeau de chèvres pashmina. Ils sont venus de loin. Le riz pour le Dal Bath du midi chauffe dans la marmite.
Le décor bien que sombre est somptueux.



Les chèvres pashmina au creux de la Chaka Khola


C'est la fin de notre parcours dans la Chaka Khola, il faut reprendre de la hauteur (200m de dénivelé assez raide) et changer de vallée pour rejoindre le site où se trouve la gompa de Chudzong.


La vallée de la Chhuchhu Khola


Et là, "Au milieu d’un cirque de montagnes incroyablement fantastique de beauté, un paysage de roches aux couleurs chamarrées, creusées de replis façonnés par l’érosion" Pierre Martin. Guide initiateur de ce parcours en 2016.

C'est effectivement, un superbe point de vue sur cette vallée, avec aux pieds des montagnes, un village en ruines où devaient résider une cinquantaine de familles et des vestiges de champs en terrasses.
Après le pique-nique, une petite ascension de 40m nous fait découvrir la gompa de Chudzong et ses peintures murales.


La vallée de la Chhuchhu Khola




L'entrée de la gompa de Chudzong



Peinture murale de la gompa



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19 et 20 octobre 2017 : Salde camp (3920m) - Madhi camp (4420m) - Cave camp(4950m)



Deux journées successives de montée progressive pour atteindre et dépasser à deux reprises les 5000 mètres.

De Salde Camp à Madhi Camp :
Remontée de la Madhi Khola pour atteindre le camp de Madhi camp, en fin de matinée.
Après-midi consacré à une circonvolution sur les hauteurs du camp.



Le camp de Madhi Camp, trois cent mètres plus bas



Madhi Camp : En chemin pour un "grand tour de manège !"



De Madhi Camp à Cave Camp :
On débute "à froid" et dans le froid (nuit entre -10° et -14°C sous la tente), la première montée se fait à l'ombre, l'onglée apparait malgré les gants et sera présente jusqu'au sommet, 300 mètres plus haut ; le soleil nous réchauffe enfin. Comme dira un compagnon "45 minutes pour 300 mètres, ce groupe de vieux avance !".
Poursuite de la montée lente, le souffle se fait plus court, le pas est lent, plus lent pour certain ... On arrive à la Chinese Pass (5130 mètres). La frontière et le territoire du Tibet chinois est en vue, avec très au loin un bâtiment et une éolienne.
Nous pouvons admirer les Annapurnas au sud et le Daulhagiri à l'ouest.



Le Daulhagiri si loin et si proche ...



Solitude sur le plateau tibétain



Les mules à la Chinese Pass



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21 octobre 2017: Cave camp (4950m) - Gaugiri Base Camp (5400m)



Nous sommes arrivés à la partie la plus à l'est de notre trek. Le Tibet est là, à portée de vue, mais il n'est pas question de franchir la frontière... Descente plein sud, pour rejoindre le camp de base du Gaugiri.



La frontière sino-népalaise


Nous oscillons constamment entre 5000 et 5550 m d'altitude, après le passage du col de Parchekya La et traversons de vastes étendues mammelonnées dans un dégradé subtil de beige qui contraste avec un ciel pur.


La caravane des porteurs


Concentrés sur le paysage mais aussi sur notre marche, le souffle est plus court, tout effort pèse un peu plus. Tout au long du trek et surtout à cette altitude, on ne peut qu'être admiratif devant les porteurs népalais qui nous accompagnent.
Nos regards se croisent, un sourire dans le silence, probablement beaucoup d'interrogations sur nos motivations d'occidentaux à faire un tel parcours ...


Porteur népalais


Apparaissent les sommets enneigés, le camp de base est proche. Le vent et le froid ne nous ont pas quitté ... Nous sommes au pied du Gaugiri qui domine à 6110 m.


Le camp de base au pied du Gaugiri 5400m



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23 et 24 octobre 2017: Gaugiri Base Camp (5400m) - Camp sur le plateau (5100m) - Damodar Kunda (4950m)




Information principale du matin: Les mules ont disparu, profitant de la distraction des jeunes muletiers qui jouaient aux cartes ...

Occupation principale des muletiers des journées suivantes : Recherche des mules ...

Mais de quel côté sont-elles parties ? Ont-elles pris de l'avance sur nous, en poursuivant leur chemin ? Ont-elles rebroussé chemin, en espérant que la frontière chinoise n'ait pas été franchie ? Réponse dans quelques jours.
En attendant, les porteurs vont devoir redoubler d'effort et pour certains se charger davantage entre 30 et 40kg !!!

Pendant ces deux journées nous "subissons" toujours des températures nocturnes et matinales négatives (-7° à -10°C), mais récompensés dans la journée par la découverte de magnifiques paysages: montagnes, moraines, glaciers, lacs ...



Le Lugula Himmal (6899m)




Nous surplombons les lacs du Damodar Himmal qui sont considérés comme la source da la Khali Gandaki.
C'est l'un des plus importants lieux de pèlerinage hindouiste. C'est aussi le site de l'Annapurna Conservation Aera qui sert chaque été d'abri aux pèlerins. Ce sera notre camp de demain soir.



Les lacs sacrés du Damodar Himmal





La Toma Khola




Glaciers du Saribung




L'un des lacs sacrés


"Les trois lacs sacrés de Damodar est reconnu comme le pèlerinage ultime où les vieux sages viennent mourir. Isolé à la frontière entre le Népal et le Tibet, Damodar est le plus inaccessible des lieux saints puisqu'il nécessite pour les sadhus un mois de marche dans des altitudes désertiques."

"Ce serait là, selon la tradition, que le dieu Vishnu se serait transformé en fossile. Alors que son épouse Laxmi avait pris la forme de tulsi (basilic sacré), Vishnu prit celle d'une ammonite pour veiller sur elle. Autour des lacs de Damodar, on trouve donc des milliers de ces pierres noires que les Hindous vénèrent sous le nom de saligram et qui sont utilisées comme pierres chaudes dans les spas de luxe ..."


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25 et 26 Octobre 2017 : "The missing link ou le chainon manquant"



Description du programme de ces deux belles et dures journées par les organisateurs:

"On va emprunter pour les deux jours qui viennent le sentier « hors des sentiers battus » dit du « chaînon manquant » (appellation déposée par Paulo Grobel...). La première traversée dans ce sens a été accomplie par un groupe Tamera à l'automne 2016. Il permet de rester en périphérie du Mustang et sur l'espace temps d'une journée d'éviter le long cheminement de retour sur le sentier des pèlerins, une série de "up and downs" bien cassante mais si belle ! Bâtons de marche indispensables il va sans dire ! La première journée du parcours est plutôt chaotique. La deuxième un tantinet moindre... En tout cas, c'est du sérieux. En fin d'après-midi du deuxième jour, on atteint avec plaisir l'alpage de Gayu Kharka identifié aussi comme camp de base du Khumjungar, le point culminant du Damodar Himal avec ses 6959m."


1° JOUR: DAMODAR KUNDA (4950m) - DHECHIYANG KHOLA (4620M)


La première matinée est consacrée à la remontée de la Namta Khola avec de multiples traversées de ses eaux gelées et glacées. Puis ce sera des ascensions et des descentes pour contourner des culs de sacs infranchissables par le canyon.


Remontée de la Namta Khola


Effectivement ce fût deux journées assez rudes, tant par les dénivelés successifs de + 1 150m et - 1 435m, que par l'absence de chemins bien définis... comme le montre le vécu et la description de Pierre, l'un des compagnons de voyage.



Les porteurs en plein effort : équilibre et sûreté du pas



"On sent bien que l'on est arrivé au bout du bout avec la vue plongeante, impressionnante sur le sillon creusé par la Dhechyang Khola.
Après la pause déjeuner, nous avons tout loisir de suivre la succession des arrivées des porteurs qui ont chacun une stratégie différente pour descendre la pente détritique, le point commun à tous, étant la "légèreté de leurs chaussures ou ce qui leur en tient lieu ...




Le contournement du cul de sac avec une belle remontée: la Namta Khola tout en bas




"Et c'est reparti pour l'infernale descente de ce vallon chaotique et raviné, d'abord pierrier inconfortable mais restant classique pour tout montagnard expérimenté, avant de se transformer au final en étroit canyon pentu, aux parois très friables nécessitant beaucoup d'attention pour éviter que les roches ne basculent.
La journée n'est pas finie, il nous reste à descendre la pente finale permettant de rejoindre la Dhechyang Khola (dont le verrou infranchissable nous a obligés à ce up and down plein de sauvagerie!).
La descente est vraiment dangereuse car se déroulant sur des pentes en forte déclivité et, qui plus est, sur du terrain croûté et très friable. Long et gros travail au piolet de notre guide et du staff pour sécuriser notre passage et celui des porteurs.
Ouf, c'est paraît-il, un des passages les plus délicats du "chaînon manquant".
Tout s'est bien passé, aucune chute à déplorer, contrairement à l'équipe de l'année précédente ....
Réflexion faite, il faut une bonne dose de confiance/inconscience pour emmener des trekkeurs dans un tel terrain !!"




Raide descente vers la Dhechyang Khola


2° JOUR: DHECHIYANG KHOLA (4620M) : GAYU KHARKA (4620 M)



L'arrivée sur la crête




Bim, le guide népalais: "en équilibre"


Il nous reste une longue descente vers la vallée de la Yamkan Khola et le camp de Gayu Kharka.


Tout là-bas, au loin, l'emplacement verdoyant de notre campement: Gayu Kharka



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27 et 28 octobre 2017: Gayu Kharka (4620m) - Makar Camp (4270m) - Kog (4300m)




[left]Après une nouvelle nuit et matinée bien fraiche, descente vers l'ancien camp des Khampas, guerriers et combattants tibétains qui ont lutté contre l'envahisseur chinois entre 1950 et 1970.




Brumes matinales à Gayu Kharka




Descente vers le Makar Camp



Au sud du Mustang, il y avait des dizaines de makar (Makar : en tibétain "ma" signifie guerre et "kar" camp). Celui-ci était un camp proche de la frontière chinoise servant de base arrière.

"Je comprenais aussi ce que les mots "une région politiquement instable" signifiaient, car j'avais pu voir à quel point la lutte persistante du Tibet contre l'invasion chinoise était réelle. Lutte gardée secrète ou même démentie par les rares personnes ayant une connaissance véritable de son importance dans ces régions isolées. C'était toujours la guerre qui avait commencé en 1954 au Kham, dans le Tibet oriental. Ici, aux confins les plus inaccessibles de l'Himalaya, ces hommes s'opposaient encore aux chinois dans des opérations militaires clandestines. Les Khampas étaient les derniers soldats à lutter contre les Chinois."
Extrait de Mustang Interdit de Michel Peissel




Le Makar Camp



MAKAR CAMP (4270m) - KOG (4300m)


Bonne nouvelle pour les porteurs, les mules sont de retour avec les muletiers. Elles avaient pris le chemin du retour, sans dévier vers le territoire chinois ...
Longue descente vers le village de Kog et rencontre avec la neige et le grésil à 4700m.


Rencontre au Makar La




Vue sur la vallée après le passage du Makar La




Ruines du village de Kog


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29 et 30 octobre 2017: Kog (4300m) - Narsing Khola (4150m) - Green High Camp (4300m)



KOG (4300M) - NARSING KHOLA (4150M)



Deux superbes journées dans des paysages de dimensions et de beauté incroyables



Direction: le site du village de Kog, qui depuis le XI° siècle a subi les assauts du temps et des rudes conditions météorologiques.
Le territoire de Kog est un ensemble de champs cultivés en terrasses s'étendant sur près de 500.000 m2
Habité jusqu'au XVII° siècle, les habitants se sont repliés sur Tétang à la suite d'un important glissement de terrain avec destruction des canaux d'irrigation.




Les ruines du site médiéval de Kog




Un arbre !!





Montée vers le Kog La




NARSING KHOLA (4150M) - GREEN HIGH CAMP (4300M)



La montagne au Tiu La


Les hauts sommets défilent devant nous: Les Annapurnas,le Tilicho, le Nilgiri, le Dhaulagiri ...



Panorama avant la descente vers le Khampa Camp


Pendant plus d'une heure ce paysage de falaises, aux pénitents ocres, rouges et noirs, se déroulent devant nos yeux. Il est difficile de ne pas multiplier les prises photographiques devant un tel spectacle !!!


Falaises ocres et rouges

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